La gouvernance du web avance à petits pas
Veículo: Le Petit Journal - 26/11/2007
Le deuxième forum de l’ONU à Rio sur la gouvernance du web a
réuni 1700 experts et représentants. Ils ont débattu sur la sécurité
des enfants en ligne, et sur le contrôle exclusif du réseau par les USA

Vint Cerf, homme clef du développement d'Internet, a connu son dernier forum international à la tête de l'Icann (Photo AFP)
Le
deuxième Forum pour la gouvernance d’internet (FGI) a réuni la semaine
dernière plus de 1700 représentants des gouvernements, entrepreneurs,
et spécialistes pour tenter de répondre aux enjeux du web. L’accent a
été mis cette année sur la protection des enfants contre la pédophilie.
En effet, les évolutions technologiques ont facilité l’exposition
des enfants à ces prédateurs, et ont permis à ces derniers de créer de
véritables réseaux entre eux, sans que l’on n’en connaisse réellement
l’ampleur.
Selon Maud de Boer-Buquicchio, secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe, "internet offrait un maximum de droits aux utilisateurs (liberté d'expression) avec un minimum de restrictions".
Elle a encouragé les membres de l’ONU à signer la convention européenne
contre la cybercriminalité, et celle contre l’exploitation des enfants
et les abus sexuels.
L’Union Européenne a aussi présenté un jeu vidéo à destination des enfants, afin qu’ils se familiarisent avec le web, et ses dangers. Le jeu, nommé Wild Web Woods, utilise les contes de fées, et fait avancer les enfants à travers la forêt pleine de dangers, afin d’atteindre la fabuleuse e-City. Déjà disponible en anglais sur le site internet du Conseil de l’Europe, le jeu devrait être bientôt traduit dans les 12 langues européennes.
Refléter la diversité qui compose notre monde
Au sujet de la diversité culturelle, les participants ont choisi de conserver les différences culturelles et linguistiques du web, en insistant sur leur importance. Internet, en tant que réseau international se doit en effet de refléter la diversité qui compose notre monde.
Les débats ont aussi porté sur le contrôle
d’internet. L’organisme chargé de la gestion des adresses et des noms
sur les réseaux, l’ICANN, est dirigé par les USA. Les contestataires,
principalement l’Europe, la Chine, le Brésil et l’Inde, ont demandé une
plus grande indépendance de cet organisme. Certains proposent même
qu’il soit mis sous le contrôle de l’ONU. Ce scénario est déjà contesté
par des experts, pour qui la lutte contre le cyberterrorisme perdrait
alors de son efficacité. Ce sujet devrait revoir le jour l’an prochain
lors du forum à New-Delhi. En attendant, affirme le coordinateur
exécutif du FGI, Markus Kummer, "la conversation a bien avancé". Alors, à quand les actions ?
